Marmelade : Trinité
Marmelade : Trinité est la deuxième version (2024) de Marmelade, une installation autodestructrice qui invite le public à s'asseoir et à déguster du pain avec de la confiture colombienne pendant qu'une machine robotique détruit systématiquement des portraits en mosaïque. « Marmelade », et la manière dont elle se tartine, est une métaphore utilisée par les Colombiens pour parler de la corruption au sein du pouvoir politique du pays.
Cette version réduit l'oeuvre à trois portraits : une trinité, une même persécution en trois personnes : un juge, un directeur, un procureur. Le juge est Jose Leonidas Bustos, l'un des magistrats de la Cour suprême représentés dans la première version. Déclaré indigne par le Sénat colombien et condamné à dix ans de prison pour le scandale de corruption judiciaire dit « cartel de la toge », il fuit aujourd'hui la justice, exilé au Canada, le pays même où l'artiste a trouvé refuge. Le directeur est Giovanni Álvarez Santoyo, à la tête de l'Unité d'enquête et d'accusation de la Juridiction spéciale pour la paix (JEP) depuis 2018 : en mai 2023, l'unité a accusé le père de l'artiste, libéré en 2016 après neuf ans comme prisonnier politique, de persécution en tant que crime contre l'humanité, un dossier d'abord construit sous des magistrats depuis condamnés pour corruption et que la famille a toujours dénoncé comme fabriqué. Le procureur est Mauricio Aguirre Patiño, de la même unité. Pour l'artiste, la persécution ne s'est pas éteinte : elle a changé de mains.
Produite lors d'une résidence à Stereolux, cette version a été présentée au Festival Scopitone (Nantes, France, 2024), où les trois mosaïques ont été détruites au fil des six jours d'exposition.
Marmelade est produite à neuf pour chaque présentation : l'installation est disponible pour diffusion. Renseignements : info (at) almario (dot) ca.